Cacao


Le contexte du cacao

La culture du cacao n’est pas aisée. Le cacaoyer est une plante délicate et sensible, que les cultivateurs doivent protéger du vent, du soleil, des parasites et des maladies. Moyennant des soins appropriés, les cacaoyers atteignent leur meilleur niveau de production pendant leur cinquième année et ils peuvent maintenir ce niveau de production pendant 10 à 15 ans. Les fèves récoltées sont ensuite fermentées et séchées avant l’exportation. Ces étapes sont très importantes pour garantir une bonne qualité du cacao et ensuite du chocolat. Pourtant, en dépit de ce dur labeur, les paysans tirent peu de bénéfices du commerce mondial du cacao. Il est pourtant crucial de les soutenir. 

Les maladies et l’âge endommagent les cacaoyers et le nombre de cultivateurs-producteurs diminue, car les gains sont à ce point limités que les jeunes ne souhaitent pas poursuivre cette culture. Les paysans demeurent dans la pauvreté car leurs revenus sont insuffisants pour faire face à l’augmentation des coûts d’une production durable et à leurs dépenses quotidiennes. Comme le cacao est produit dans un contexte d’extrême pauvreté, les planteurs sont souvent forcés à chercher d’autres stratégies de survie, ce qui mène à des taux élevés de déforestation, le travail forcé des enfants et bien d’autres problèmes. 

Du côté de la demande, on attend une croissance de la consommation du chocolat en Inde et Chine pour atteindre un volume mondial au-delà de 4,5 millions de tonnes d’ici 2020. Malgré cette demande en croissance, les prix du cacao fluctuent sur le marché mondial et ne permettent généralement pas de couvrir les besoins de base des producteurs. Ces derniers reçoivent en moyenne à peine 6% de la valeur du produit fini alors que ce pourcentage atteignait 16% dans les années 1980. Les transformateur et les marques touchent en moyenne 40% de cette valeur et les supermarchés environ 35%. Le rôle du Fairtrade est de rééquilibrer ces pourcentages en faveur des producteurs qui sont en position de faiblesse face à des grandes puissances, en travaillant sur le prix comme élément essentiel dans une stratégie durable. 

Un meilleur revenu pour les producteurs de cacao

Pour la filière du cacao, le Fairtrade travaille uniquement avec des organisations de producteurs ; des coopératives gérées de manière démocratique et qui représentent la voix des producteurs. La certification Fairtrade leur permet d’obtenir des conditions de commerce équitable leur permettant d’avoir plus de poids dans les relations commerciales, de sortir de la pauvreté et de prendre en main leur propre avenir.  

Le pilier économique des standards Fairtrade (prix minimum et prime) permet aux producteurs d’investir dans les critères sociaux et environnementaux. Mais le challenge reste important : aujourd’hui le chocolat à base de cacao Fairtrade atteint à peine 1% de part de marché en Belgique. Pour que le commerce équitable puisse apporter une différence significative dans la qualité de vie des producteurs, il faudrait enclencher la vitesse supérieure, et fortement stimuler la demande, notamment en sensibilisant un public plus large. C’est important, car aujourd’hui les producteurs Fairtrade ne peuvent vendre qu’une mineure partie de leur production aux conditions Fairtrade. Le reste doit donc être vendu aux conditions conventionnelles, sans garantie du prix minimum et sans prime additionnelle. Une mobilisation bien plus forte des consommateurs, des marques et des distributeurs est donc absolument nécessaire. 

Nos études montrent qu’il faut une approche globale pour permettre les producteurs à améliorer leur revenu, il faut les permettre à améliorer leur productivité, à maîtriser leurs coûts et parfois à diversifier leur production au-delà du cacao. Mais elles montrent aussi que vouloir atteindre un revenu vital sans payer de meilleurs prix est tout à fait illusoire.  ​​​​​​

 

Le cacao Fairtrade en chiffres

  • Alors que la production mondiale fluctue aux alentours des 4.5 millions de tonnes, la production certifiée Fairtrade atteint environ 800.000 tonnes - dont 30% sont effectivement vendues sous conditions Fairtrade en 2020.  

  • Le prix minimum Fairtrade est de 2.400$/tonne. Si le prix du marché descend en-dessous de ce prix, les producteurs qui ont un contrat pour du cacao Fairtrade reçoivent ce prix minimum garanti. La prime Fairtrade est elle automatiquement payée en plus du prix minimum ou du prix du marché (si celui-ci est plus élevé que le prix minimum), et représente une somme de 240$ la tonne. Dans le cadre de son travail sur le revenu vital, Fairtrade International a revu le prix minimum et la prime afin d’être plus en ligne avec les réels besoins des producteurs dans un contexte en pleine évolution : inflation, augmentation des coûts de production, changement climatique, etc. Dès lors, en 2019, le prix minimum garanti Fairtrade passera à 2400 $/tonne (20% d'augmentation) et la prime de 200 à 240 $.

  • En 2020 un montant total de 37 millions d’euros a été payé en prime Fairtrade. La Belgique y contribue pour un montant de 850.000€ grâce à la vente de 8.000 tonnes des produits chocolatés labellisés Fairtrade sur son marché. Environ la moitié de la prime est consacrée à des dépenses au profit des agriculteurs de la coopérative (engrais, matériaux, primes en espèces, etc.), 40 % de la prime sert à renforcer la coopérative elle-même (investissements dans la productivité et les infrastructures, dépenses d'organisation, etc.) et 10 % de la prime est investie dans les infrastructures et autres dépenses (par exemple, éducation, installations médicales) pour la communauté.

  • Il existe 374 coopératives certifiées Fairtrade (dont 270 en Côte d'Ivoire) qui regroupent plus de 400.000 producteurs dans 22 pays en Afrique, Amérique Latine et Asie.  

  • Les cacaoyers sont des arbres qui poussent idéalement à l’ombre d’autres arbres et aiment un climat chaud et humide, c’est pourquoi on en trouve sur tout le globe au niveau de la ligne équatoriale. Les cabosses contiennent en moyenne 30 à 40 fèves de cacao. Il existe différentes variétés : la fève Forastero est utilisée pour la grande majorité du chocolat et les fèves Criollo et Trinitario sont plus qualitatives et souvent utilisées pour du chocolat haut de gamme (‘fine flavour chocolate’).

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