SOMMET DES PRODUCTEUR·RICE·S DE CACAO SUR LE REVENU VITAL EN AFRIQUE DE L'OUEST

Deborah Mensah, productrice de cacao et directrice des opérations de la coopérative Asunafo au Ghana

Deborah Mensah, productrice de cacao et directrice des opérations de la coopérative Asunafo au Ghana

Le 11 mai, à Abidjan, s'est tenu le premier sommet sur le revenu vital organisé par Fairtrade et dirigé par les producteur.rice.s elleux-mêmes. Au cours de cette réunion, iels ont dialogué avec des partenaires du secteur du cacao sur les défis auxquels sont confronté·e·s les producteur.rice.s, ainsi que sur les solutions et les victoires nécessaires qu'iels voient pour progresser vers un revenu vital. "Avec ce sommet, nous ramenons le débat là où il doit se tenir, là où le chocolat est produit, en Afrique", a déclaré le président de Fairtrade Africa, Benjamin Kouame Franklin, dans son discours d'ouverture.

La nécessité d'un revenu vital du point de vue des producteur.rice.s

Dans les discussions sur la durabilité du secteur du cacao, les producteur.rice.s ne sont souvent pas à la table, ce qui est pour le moins étrange. Les producteur.rice.s jouent un rôle essentiel dans la production de cacao. Ce sont iels qui subissent les conséquences directes des défis environnementaux, socio-économiques du secteur. En travaillant en étroite collaboration avec les producteur.rice.s, nous pouvons développer le secteur du cacao de manière responsable et durable, avec des priorités, un agenda (politique) et des conditions commerciales adapté·e·s à la réalité des producteur.rice.s. 

C'est pourquoi le sommet d'Abidjan a été organisé, producteur.rice.s ont pris les rênes et ont mis au centre leurs préoccupations, leurs solutions et leurs droits, y compris le droit à un revenu vital : "En tant que producteur·trice·s, nous n'avons pas besoin de charité, nous avons besoin d'autonomie". Et l'autonomie commence par un revenu vital, un revenu décent. 

Un environnement favorable pour un revenu décent 

Le sommet a souligné la nécessité de créer un environnement favorable pour arriver à un revenu vital, dans lequel toutes les parties prenantes — les coopératives agricoles, les entreprises et les gouvernements des pays producteurs et consommateurs — doivent jouer un rôle. 

Des représentant·e·s d'entreprises bien connues telles que Starbucks, Tony's, B&J, Superunie, Plus et ECOM, des représentant·e·s du CIGCI (Côte d'Ivoire-Ghana Cocoa) Initiative, du "Conseil Café Cacao", de la délégation de l'UE, des membres du parlement belge et de l'ambassade néerlandaise en Côte d'Ivoire, ainsi que diverses organisations internationales telles que GIZ, Enabel, ont engagé des discussions et visité diverses coopératives Fairtrade. 

Plusieurs sujets ont été abordés, notamment les services efficaces fournis par les coopératives agricoles, une approche inclusive en termes de genre pour un meilleur revenu, ainsi que des moyens de maintenir l'intérêt des jeunes pour la culture du cacao, une question cruciale pour durabiliser la filière cacao. 

L'importance de pratiques d'approvisionnement responsables, y compris un prix équitable 

Comme toujours, l'importance d'un prix équitable pour les producteur.rice.s a été un sujet brûlant lors du sommet. Stephen Ashia, de la coopérative ghanéenne ABCOFA, a déclaré : "Les prix actuels ne sont pas suffisamment élevés et ne pousseront pas les jeunes à s'engager dans la culture du cacao". Alex Assanvo, secrétaire exécutif de l'initiative cacao de la Côte d'Ivoire et du Ghana, a déclaré lors de son discours principal : "Nous savons comment promouvoir de bonnes pratiques agricoles. Nous savons comment inciter les producteur·trice·s à diversifier leurs revenus. Mais, comment allons-nous enfin nous assurer que les producteur·trice·s de cacao soient mieux rémunéré·e·s ? C'est là que le bât blesse !

Une bonne réglementation 

Il est essentiel de s'attaquer à cette question épineuse, et le sommet a souligné l'importance d'une bonne réglementation dans le cadre d'un "environnement favorable" pour des revenus vitaux. 

Deborah Mensah, productrice de cacao et directrice des opérations de la coopérative Asunafo au Ghana, a appelé l'Union européenne à "revoir les documents de la réglementation européenne HREDD et y inclure un revenu vital". Les représentant·e·s de la délégation de l'UE et des États membres ont reconnu cet appel. Matthijs van Eeuwen, chef adjoint de la mission de l'ambassade des Pays-Bas, a déclaré : "Un revenu vital est un droit humain pour nous. Le rôle des entreprises est crucial, et notre propre rôle dans le renforcement de cette dynamique positive est important. Vous pouvez compter sur nous". 

Il s'agit d'une déclaration importante, qui est également partagée dans la déclaration commune des Pays-Bas, de la Belgique, de l'Allemagne et maintenant du Luxembourg sur le revenu vital et un salaire décent. Les engagements des États membres de l'UE en matière de revenu vital sont essentiels dans le cadre des négociations sur la future directive de l'UE concernant la diligence raisonnable en matière de durabilité des entreprises.

Un grand succès avec un appel clair 

Le sommet qui a réuni les producteur.rice.s, les entreprises et les décideur·euse·s là où le cacao est produit a été un grand succès. Il a conduit à un appel en faveur d'une bonne réglementation et à des recommandations concrètes pour les programmes de durabilité et les initiatives de cacao durable, telles que les ISCO. 

Fairtrade appelle les décideur·euse·s politiques et les partenaires à donner suite à cette déclaration par des actions concrètes et à créer un environnement propice à une production efficace de cacao de haute qualité et durable, permettant aux producteur.rice.s d’obtenir un revenu vital. 

Un revenu vital est en effet un droit humain et une condition absolue pour lutter contre les dégâts environnementaux (comme la déforestation) et les violations d'autres droits humains (comme le travail des enfants).

Cliquez ici pour lire la déclaration finale.

*This publication was produced with the Financial support of the European Union. Its contents are the sole responsibility of Fairtrade International and do not necessarily reflect the views of the European Union.