Les producteurs comme partenaire privilégié dans la protection des forêts

 

Alors que le monde se mobilise pour ralentir le changement climatique et préserver la biodiversité, la protection des forêts offre l’une des solutions les plus efficaces. Pourtant la destruction massive des forêts se poursuit, sacrifiant les avantages qu’elles offrent à long terme pour des bénéfices à court terme, purement pécuniers. Selon la Banque Mondiale, entre 1990 et 2016, plus d’1.3 millions de kilomètres carrés ont disparu. Si à travers le monde des hommes et de femmes s’engagent à lutter contre la déforestation, les petits producteurs, eux, doivent y faire face au quotidien.

La plupart des forêts du monde sont situées dans des régions du monde particulièrement pauvres et vulnérables. Près de 1,6 milliard de personnes – soit plus de 20% de la population mondiale – dépendent directement des forêts pour leur survie. Pour des millions de personnes vivant dans la pauvreté, les ressources forestières fournissent non seulement de la nourriture, du carburant pour la cuisson et le chauffage, des médicaments, des abris et des vêtements, mais elles génèrent également des revenus grâce à l'emploi et à la vente de biens et services excédentaires.

Pourtant, les forêts s’épuisent. En Côte d’Ivoire, les forêts ancestrales, abritant des espèces emblématiques comme les chimpanzés ou les éléphants sont proches de l’extinction. Une des causes principales de cette déforestation à grande échelle est le cacao. Un rapport de Mighty Earth, démontre que plusieurs parcs nationaux et aires protégées ont vu 90 % de leur surface, voire davantage, convertie en cultures de cacao, alors que les forêts denses ne recouvrent plus que 4 % de la Côte d’Ivoire.

L’estomac affamé n’a pas d’oreilles

Malgré le fait que les cacaoculteurs reconnaissent que les pratiques courantes sont destructrices, la situation d’extrême pauvreté ne leur laisse pas le choix. Comme le disait récemment un producteur invité au petit-déjeuner équitable au parlement fédéral : « l’estomac affamé n’a pas d’oreilles ! ». Une étude récente de Fairtrade révèle que plus de la moitié des producteurs en Afrique de l’Ouest vivent avec moins de 67 euro cents par jour. La priorité pour ces familles est d’abord de réussir à garantir un repas quotidien. Dans ces conditions, il leur est simplement impossible d’investir dans les bonnes pratiques agricoles.

Paradoxalement, ce sont à nouveau ces mêmes populations qui souffrent des conséquences directes de la disparition des forêts : désertification, sécheresse, appauvrissement des sols, changement climatique, développement de parasites qui attaquent les cultures, etc.

Les producteurs sont unanimes : le changement climatique est l'une des principales menaces à laquelle ils sont confrontés. Des millions de familles de producteurs qui dépendent de l'agriculture pour leur subsistance sont parmi les plus touchés.

La pauvreté est donc cause de déforestation, et la déforestation crée la pauvreté. Il s’agit là d’un cercle vicieux incroyablement toxique. Pourtant, c’est dans cette même relation que réside une des clés stratégiques de la protection des forêts.

Un investissement rentable

En première ligne et soutenu dans leurs démarches, les producteurs sont également le partenaire le plus efficace sur le terrain.

La protection de l'environnement est enracinée dans le commerce équitable. Pour vendre les produits Fairtrade, les agriculteurs doivent améliorer la qualité des sols et de l'eau, gérer les parasites, éviter d'utiliser des produits chimiques nocifs, gérer les déchets, réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et protéger la biodiversité. Les standards révisés du Fairtrade prévoient également la mise en place de procédures visant à exclure la déforestation ou la dégradation de forêts ou de zones de conservation.

Mais le commerce équitable vise aussi à garantir un retour sur investissement : un meilleur revenu pour les producteurs, qui permet d’établir un plan de développement durable et des moyens pour l’implémenter.

Un partenaire essentiel contre la déforestation

De nombreuses coopératives Fairtrade choisissent ainsi d'investir leur prime Fairtrade dans des projets de reboisement. La coopérative de thé Sireet OEP, située au Kenya, a ainsi planté 150.000 arbres en un an. La plantation d'arbres sur des terres défrichées et dégradées empêche l'érosion des sols, constitue un habitat pour la faune indigène et réduit le changement climatique en stockant le dioxyde de carbone.

Les marques équitables aussi s’engagent, en partenariat avec les producteurs, pour protéger les forêts à haute valeur de conservation. Citons ainsi l’exemple de Puro Coffee, qui a investi dans la protection de 12 réserves de forêts tropicales couvrant l’équivalent de plus de 50,000 terrains de football.

Quand on raconte l'histoire du commerce équitable, on se concentre souvent sur les avantages sociaux et économiques qu’il procure aux producteurs. Mais la stabilité de revenu généré par la vente de produits équitables permet également aux agriculteurs d’investir dans des méthodes agricoles telles que l’agriculture régénérative, l’agroforesterie et les projets de reboisement qui contribuent à protéger les forêts et de ralentir le changement climatique. Les producteurs méritent d’être mieux soutenus en tant que partenaires essentiels dans la lutte contre la déforestation.

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